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La Maison de l’Argan, équitable et au-delà.

La Maison de l’Argan, équitable et au-delà.

Depuis Quinze ans, La Maison de l’Argan et ses marques Katima’A et ar457 ont affirmé un statut de Pionnier et d’expert de l’Argan, d’acteur altruiste de la promotion des coopératives indépendantes allant bien au delà des exigences du commerce équitable… Si tout cela semble couler de source pour les amateurs, il est parfois douloureux de constater que le grand public n’a aucune idée du rôle et de la place de La Maison de l’Argan dans le renouveau de l’Arganier et de sa contribution à l’émancipation féminine dans le Souss Massa Drâa. L’occasion de partager le contenu d’un reportage du magazine DS paru il y’a quelques années et prenant acte de cette réalité méconnue.  

Maison de l'Argan, l'entreprise philanthrope et équitable pionnière de l'Argan à la une de DS magazine

Nous reproduisons ici intégralement et fidèlement l’article original de Julie Levoyer dont les droits restent la propriété intégrale de leurs auteurs.

Le miracle de l’or blond

© Magazine DS tous droits réservés. Photo William Daniels, Alex Bely

Arbre sauvage qui s’épanouit en Pays berbère, l’arganier offre depuis des millénaires une huile prodigieuse aux vertus encore inégalées. Un vent de révolution sociale et économique souffle sur le Sud marocain et agite les feuilles de l’arganeraie. Dans une région aride, affligée par la pauvreté et une poignée de femmes prennent leur destin en main… Par Julie Levoyer

Au beau milieu de rien, dans un panorama tourmenté mais fascinant, Ait Baha est là… À plus d’une heure d’Agadir, ce poumon assoiffé de l’arganeraie (forêt d’arganiers) n’avait rien de particulier… jusqu’en 2002 ! À cette époque, Michel Saubade visite les contrées écorchées du Pays berbère, en tombe amoureux et découvre l’huile pré-cieuse qu’offre l’arganier. Cet homme d’affaires bordelais lui dédie alors une marque et un univers : la Maison de l’Argan. À travers elle, il financera la coopérative Targant à Ait Baha. Un projet qui s’intègre dans la politique de sauvegarde de l’arganeraie, menée de front par la chimiste Zoubida Charouff. Cette forêt surprenante, dont la superficie a diminué de moitié en un siècle, souffrant de culture intensive, de surpâturage et de déforestation, est un ultime rempart contre la désertification. Ce bouclier de 828 000 ha (classé patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1998), qui s’étend d’Essaouira à Agadir, en passant par Taroudannt, reste aussi une forteresse contre la pauvreté. Car l’arganeraie, qui produit cette huile unique au monde, est un véritable enjeu économique pour trois millions de personnes éreintées par le dénuement.

Nouveau départ

En ouvrant ses portes, la coopérative d’Ait Baha offre la possibilité d’une autre vie à des femmes aux destins compliqués. Veuves, divorcées, répudiées… difficile de trouver un travail dans ces. conditions, d’autant que l’illettrisme fait rage dans ces contrées, où l’on ne parle que berbère et non arabe. Sans ressources, elles travaillaient chez elles, pour des clients particuliers, en échange de piètres salaires. « Targant » : l’arganier en berbère, symbole d’espoir, illustré par cet arbre béni des cieux qui peut survivre trois siècles en bravant la sécheresse et ne donne que quelques kilos de fruits par an. Et un moyen de faire de façon professionnelle ce qu’elles savent faire depuis toujours : l’huile d’argan, la plus rare du monde. Une huile magique, élixir de jeunesse et concentré d’hydratation, riche en vitamine E, acides gras insaturés, antioxydants et antiradica-laires. Une potion secrète utilisée depuis des temps ancestraux par les femmes berbères pour sauver leur peau des signes du temps, des agressions du soleil et du vent. Culinaire, elle possède le goût tendre et savoureux de la noisette, facilite la digestion et fait baisser le taux de cholestérol. Longtemps restée « artisanale », l’huile d’argan ne sera connue que dans les années 90, quand différentes études scientifiques révéleront ses bienfaits. Les marques cosmétiques se tourneront lentement vers l’or berbère, mais une seule lui sera totalement vouée : Katima’A. Cette marque éthique et solidaire se fournit exclusivement auprès de Targant, qui a néanmoins d’autres clients. « C’est un choix délibéré, explique Dominique Malcuit, chargé de production de la Maison de l’Argan, quand nous avons monté la coopérative avec ces femmes, nous avons donné des fonds pour les locaux et l’achat des machines. Puis nous nous sommes engagés à acheter une certaine quantité d’huile, mais pas au-delà. Nous voulions qu’elles soient indépendantes pour assurer la pérennité de l’association. Aujourd’hui, nous leur achetons même moins que prévu car elles vendent beaucoup à l’extérieur. »

 “Les marques cosmétiques se tourneront lentement vers l’or berbère, mais une seule lui sera totalement vouée : Katima’A. Cette marque éthique et solidaire se fournit exclusivement auprès de Targant, qui a néanmoins d’autres clients”

« La Maison de l’Argan achète le litre d’huile avec une prime significative par rapport aux tarifs ordinaires »* (2002) et la coopérative paye les femmes le double des tarifs en vigueur dans les souks (un euro = 11 dirhams). Depuis toujours, ce sont les femmes qui s’occupent de la récolte, du séchage des fruits au soleil et du concassage des noix pour en extraire les amandons. Torréfiés à feu doux, ils sont ensuite broyés pour donner une pâte qui, mélangée à de l’eau et pressée, fournira l’huile précieuse. Une tâche lourde, qui a été réétudiée pour rendre le travail moins pénible. Une machine extrait les noix que les femmes concassent toujours une à une entre deux pierres.
CETTE MINI-ENTREPRISE APPORTE AUX FEMMES UN VRAI STATUT SOCIAL.

Pas évident de travailler clans une société encore peu encline à l’émancipation de la femme. Touria, la directrice du centre, se souvient : « Ça a été très difficile avec les hommes de la région. La plupart des femmes de la coopérative sont veuves, divorcées ou seules avec leurs enfants. Comment voulez-vous qu’elles s’en sortent autrement ?

 

Libération

Car plus qu’un salaire décent, cette mini-entreprise leur apporte un vrai statut social. Zaina, adhérente depuis un an, constate le changement : «Je gagne plus d’argent, mais c’est surtout mon argent et c’est moi qui m’en occupe ! je ne dépends plus de mon mari, j’ai un téléphone portable, je peux aller voir ma famille quand je veux, je suis autonome. » Ça n’a pourtant pas été évident ! Son époux, ouvrier journalier, ne voyait pas d’un bon oeil ce soudain affranchissement dans une société où les femmes restent chez elles. « Qmand je suis venue, reprend-elle, des femmes m’ont dit :  » tu es ridicule à vouloir travailler comme un homme ! tu dois rester à la maison et respecter les traditions !  » Elles se moquaient de moi, mais je m’en fiche, aujourd’hui, je gagne l’équivalent d’un smic marocain. » Pas question toutefois de venir travailler sans autorisation maritale, sous peine d’être répudiée. Le joug masculin est encore très présent, et lorsqu’un ouvrier entre dans la salle, Zaina remet son voile… Dans cette communauté démocratique autogérée, toutes les décisions sont soumises au vote.

La Maison de l’Argan.

“Nous avons donné des fonds pour les locaux et l’achat des machines. Puis nous nous sommes engagés à acheter une certaine quantité d’huile, mais pas au-delà. Nous voulions qu’elles soient indépendantes pour assurer la pérennité de l’association” 

Payées mensuellement, elles se répartissent le bénéfice annuel au prorata de leur participation. Une fois par mois, elles se réunissent en assemblée générale et votent les décisions à prendre comme l’achat de nouvelles machines ou l’embauche d’une employée… C’est d’ailleurs ainsi que s’est joué le destin de Padma. Lorsque cette adhérente a perdu son mari, elle s’est retrouvée seule avec quatre enfants et une maison qu’elle ne pouvait plus payer. Elle a donc demandé à la coopérative de lui attribuer un prêt d’honneur de 40 000 dirhams, remboursable par échéances mensuelles. Le  prêt lui a été accordé, elle a pu garder sa maison fraîche, à l’ombre de la rue El Mouahidine…

Éducation

Des cours d’alphabétisation viennent par-faire ce programme écologique, écono-mique et social. En classe, la couleur des malles se mélange à l’odeur de la craie et des ardoises, l’attention est studieuse. Les chants s’élèvent, en récitation du Coran. Les voix résonnent en chœur, ponctuées
je leur apprends à parler arabe, à lire, à écrire, à compter. Nous discutons beaucoup de thèmes de société comme la « signification du mariage aujourd’hui. » Fraîchement diplômée en informatique et gestion, la jeune femme prend son rôle à coeur, fait la chasse aux absentes et veut que chacune connaisse ses droits. «Il n’est jamais trop tard pour apprendre, s’emporte-t-elle, quand je les regarde, je vois ma mère et ma grand-mère… C’est une belle revanche pour les femmes berbères!»

Pendant que les consciences changent, l’arganier gagne en respect. Tout comme ces femmes avec qui il partage une féroce envie de survivre…

* Bien au-delà du commerce équitable, La Maison de l’Argan est la concrétisation d’un engagement, la preuve par l’exemple, conçue pour montrer la voie.

la référence au coût de l’Argan n’a de sens que resituée dans le contexte de la création des premières coopératives indépendantes en 2000. À cette époque, la Maison de l’Argan est le seul acteur avec la principauté de Monaco à investir directement pour la modernisation de l’extraction ; il ne s’agit alors même pas de commerce équitable, puisque l’initiative purement altruiste ne se convertira en Marque Cosmétique que pour assurer le lancement de l’activité et amorcer la vague de notoriété que l’Argan a connu depuis lors. À ce titre et avec la Ligne Katima’A® Secret d’Argan, la Maison de l’Argan est le tout premier acteur à se consacrer entièrement à l’Argan, et décide unilatéralement d’augmenter son prix d’acquisition de 20% afin de donner l’exemple et d’initier une logique de partage de la valeur ajoutée. 

 

Pierre Emmanuel Saubade
pierre.emmanuel.saubade@maisondelargan.com

Créateur de ar457, CEO de la Maison de l'Argan.

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